Depuis janvier 2025, le Nord-Kivu est le théâtre d’une crise humanitaire aiguë, exacerbée par l’escalade du conflit armé entre les forces gouvernementales (FARDC) et des groupes armés, notamment le M23. Cette situation a plongé des centaines de milliers de civils dans la détresse, provoquant des déplacements massifs, des pertes de vies humaines, et des violations graves des droits humains. Les femmes, les filles et les enfants en sont les premières victimes : violences sexuelles, exploitation, esclavage sexuel, recrutement forcé, malnutrition et maladies touchent de plein fouet les plus vulnérables.
Face à l’effondrement des réseaux de sécurité communautaires et à l’épuisement des ressources locales, le Fonds pour les Femmes Congolaises (FFC) a obtenu un fonds d’urgence de l’African Women’s Development Fund (AWDF). Ce soutien a permis de mettre en place le Projet de Réhabilitation Émotionnelle des femmes, filles et enfants du Nord-Kivu, avec pour objectif de soulager tant soit peu la souffrance psychologique des victimes, tout en leur apportant un appui concret.
L’initiative vise à promouvoir la réhabilitation émotionnelle des femmes, filles, enfants orphelins ainsi que des défenseures des droits humains et du personnel du FFC touchés par la crise. Elle poursuit trois objectifs principaux :
Fournir des services de soutien psychologique adaptés aux besoins des bénéficiaires.
Apporter une assistance en vivres et en articles non alimentaires aux enfants orphelins et abandonnés.
Offrir un accompagnement spécifique aux survivantes de violences sexuelles et aux femmes ayant subi des pillages, notamment par des appuis financiers et des référencement médicaux.
Entre le mois de juillet et septembre 2025, le FFC, à travers son bureau de Goma, a mis en œuvre plusieurs actions en collaboration avec des psychologues, des responsables d’orphelinats, des consultants et des structures spécialisées dans la prise en charge des cas de violences sexuelles.
Activités de créativité et d’art-thérapie : organisation de séances collectives de gestion du stress et de détraumatisation afin d’aider les femmes et les enfants à exprimer leurs émotions et à retrouver un équilibre psychologique.
Self-care pour le staff du FFC et les défenseures des droits humains : mise en place de séances de relaxation et de soutien psychologique pour renforcer la résilience des équipes locales et des militantes.
Appui en vivres et non-vivres aux orphelins : fourniture de denrées alimentaires et d’articles essentiels à deux orphelinats de Goma, accueillant des enfants ayant perdu leurs parents lors des affrontements.
Accompagnement des survivantes de violences sexuelles et des femmes victimes de pillages : appui en cash via la money mobile, et référencement vers des structures spécialisées pour des soins médicaux adaptés.
Au terme de la mise en œuvre, 235 enfants orphelins hébergés dans deux orphelinats ont bénéficié de vivres et non-vivres, tandis que 4 staffs du FFC à Goma et 11 défenseures des droits humains ont pu bénéficier d’un accompagnement psychologique et de sessions de self-care. De nombreuses femmes survivantes de violences sexuelles ont été référées vers des structures spécialisées pour une prise en charge médicale, et d’autres ont reçu des appuis financiers pour faire face aux urgences.
Grâce à ce projet, une lueur d’espoir a pu être apportée dans un contexte marqué par la peur et l’incertitude. La réhabilitation émotionnelle, combinée au soutien matériel et psychologique, contribue non seulement à soulager la souffrance immédiate, mais aussi à favoriser la résilience et la réintégration sociale des femmes, des enfants et des communautés frappées par la crise.

