41 clubs scolaires pour donner aux élèves les moyens d’agir contre les VSBG

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Les violences sexuelles et basées sur le genre (VSBG) en milieu scolaire constituent une réalité préoccupante dans plusieurs établissements de la République démocratique du Congo.

Le projet de lutte contre les VSBG en milieu scolaire et communautaire est intervenu dans trois provinces : le Kasaï Central, le Kongo Central et la ville-province de Kinshasa, avec l’appui de neuf organisations de la société civile féministes, accompagnées techniquement et financièrement par le Fonds pour les Femmes Congolaises avec l’appui de l’ambassade de suede.

L’objectif est de contribuer à la prévention des violences en renforçant notamment la participation des jeunes filles et leur capacité à connaître, défendre et faire respecter leurs droits.

Au total, 41 clubs ont été mis en place et sont opérationnels dans 41 écoles secondaires, permettant d’accompagner directement 378 élèves, dont 80 % de filles.

Ces clubs ne sont pas conçus uniquement comme des espaces de discussion. Les élèves membres sont formées sur les VSBG, les instruments juridiques de protection, les techniques de documentation et les mécanismes de dénonciation.

Elles disposent également de mécanismes de gestion des plaintes permettant aux élèves de signaler des cas de violences ou de harcèlement au sein de leurs établissements.

Cette approche permet ainsi de créer, au sein même de l’école, un espace où les élèves peuvent poser des questions, partager leurs préoccupations et chercher de l’aide.

Les membres des clubs ont commencé à sensibiliser leurs pairs lors des rassemblements et dans les salles de classe. Pour appuyer leurs interventions, elles utilisent notamment les boîtes à images mises à leur disposition par le FFC.

Dans certaines écoles, cette dynamique dépasse même les établissements directement ciblés par le projet. Les clubs de l’Institut Bubadja à Demba et du Lycée Tobongisa à Ngaliema ont notamment été sollicités pour sensibiliser des élèves d’autres écoles.

Les clubs jouent également un rôle dans la circulation de l’information et le signalement des violences.

Le rapport relève que les élèves utilisent les mécanismes de gestion des plaintes mis en place dans les écoles. Les clubs constituent également un canal permettant à d’autres élèves d’exprimer leurs préoccupations et de partager des informations concernant des tentatives ou des cas de VSBG.

Cette évolution est importante dans un contexte où la culture du silence et les arrangements à l’amiable restent parmi les obstacles à la lutte contre les VSBG.

L’expérience montre surtout que les clubs peuvent aller au-delà de la sensibilisation.

Les élèves membres ont commencé à mener des actions de plaidoyer auprès des autorités scolaires, des acteurs publics et communautaires afin de contribuer à rendre leur environnement scolaire plus sûr.

À Mbanza-Ngungu, dans le Kongo Central, leur plaidoyer a contribué à la suppression d’une punition physique qui consistait à faire marcher des élèves à genoux sur plus de 20 mètres.

Dans la même zone, des élèves accompagnées par Femme Juriste de Cataractes ont plaidé pour faciliter l’accès des survivantes de violences sexuelles à la prise en charge médicale. Au Kasaï Central, le règlement intérieur de l’Institut Saint Alphonse à Tshimbulu a également été révisé afin d’y intégrer des dispositions relatives à la lutte contre les VBG.

Le suivi du projet montre ainsi les premiers signes d’une transformation dans les établissements accompagnés : les élèves sont davantage impliquées dans la prévention, la sensibilisation et le signalement des violences, tandis que certaines commencent à participer aux décisions et aux actions visant à améliorer leur environnement scolaire.

Avec 41 clubs scolaires, 378 élèves directement accompagnées, 487 personnes formées et 7 675 personnes sensibilisées, le projet montre qu’investir dans les capacités des élèves peut contribuer à faire de l’école un espace où elles ne sont pas seulement protégées, mais également écoutées, informées et capables d’agir.

Les clubs scolaires deviennent ainsi plus qu’un dispositif de sensibilisation : ils constituent des espaces d’apprentissage, de solidarité, de redevabilité et de participation des élèves à la lutte contre les VSBG.

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