Donner pour combler un besoin

Donner pour combler un besoin

Qui c’est PATRICK OLOMBE ? Le don de Dieu pour la ville.

Une trentaine révolue, marié et père de 7 enfants dont 4 filles et 3 garçons, Patrick est issu d’une famille modeste, il a vécu une enfance et adolescence très difficiles, ses parents l’ont élevé dans des conditions non favorables. Cette situation l’a poussé à bosser dur à partir de 15 ans pour aider ses parents et subvenir à leurs besoins primaires et à ceux de ses frères et sœurs .

Il travaille actuellement dans une des organisations humanitaires en RDC, sans aucun appui ni soutien. Son salaire est la seule source de revenus pour de grandes actions philanthropiques qu’il pose en faveur des personnes démunies autour de lui.

Reconnu pour ses bons actes dans son milieu, on le surnomme ‘’Patrick Le don de Dieu pour la ville.’’

Fier de faire partie des personnes enquêtées par le FFC pour l’évaluation des actions philanthropiques au pays

FFC a rencontré Patrick lors des enquêtes sur la philanthropie communautaire menées par Action des Volontaires pour la Solidarité et le Développement AVSD en sigle dans la ville de Goma avec l’appui financier du FFC.

Il partage « Ce fut pour moi un honneur d’être ciblé pour donner mon avis par rapport à la philanthropie dans mon milieu, j’étais très ému de l’engagement de FFC dans ce domaine, il est plus souvent ignoré pourtant c’est une solution pour diminuer le taux de vulnérabilité dans mon milieu. Je souhaiterais que le FFC étudie des stratégies efficaces pour faire assoir la philanthropie au pays. »

Un jeune homme change son destin et celui de beaucoup d’autres autour de lui.

J’ai grandi dans un contexte difficile de la guerre et conflits armés à l’est de la RDC. Je suis ainé d’une famille de 8 enfants. Nous avons grandi avec nos parents dans des conditions très difficiles et il nous est arrivé à plusieurs reprises de dormir sans manger parce qu’il nous manquait tout simplement 1 dollars (soit 2000fc) pour compléter ce qu’on avait. Face à ces épreuves j‘ai tout de suite compris qu’il suffisait de peu pour répondre à un besoin capital de toute une famille.

Je me suis décidé, dans l’avenir, de ne pas m’empêcher de faire un don matériel, financier chaque fois que j’en aurai l’occasion quels que soient les moyens.

Poser des actions philanthropiques autour de soi est une question de bonne volonté et non de richesses.

Quand je vois les riches autour de moi gaspiller l’argent dans la bière cela me fait mal au cœur. J’ai compris qu’ils ne le font pas de mauvaise foi mais tout simplement parce qu’ils n’ont pas idée de la souffrance que traversent beaucoup de personnes qui nous entourent.

Eux ont grandi dans le luxe ils ne peuvent jamais s’imaginer que le peu qu’ils gaspillent peut aider tout une communauté et sauver une vie.

Moi j’ai vécu la pire pauvreté et je mésure la joie que ça fait quand un ange subvient à tes besoins alimentaires financiers au moment où tu n’as aucun autre secours.

Ce sont des personnes qu’on n’oublie jamais. Du coup je me suis décidé d’être celui qui répond à un besoin pour réjouir un cœur.

Le jeune philanthrope au travail

J’ai aidé plus de 10 mamans sinistrées du volcan Nyiragongo du 22 mai 2021 qui vendent les légumes et les tomates tout au long de la route avec 50 dollars chacune pour relancer leurs activités. Cette joie dans leurs visages, des paroles de bénédictions à mon égard, des remerciements, des pleurs face à cette action (de moindre valeur en mon sens mais très capitale pour les bénéficiaires) m’a fortement réconforté.

Une année plus tard, j‘ai appris que grâce à ce petit geste certains de leurs enfants ont repris leurs études et ont obtenu des diplômes.

J’ai également pris en charge les soins médicaux d’un enfant cramponné par un véhicule dans mon quartier puis abandonné. Il a passé 7 jours à l’hôpital et 2 jours dans le coma. Mon plus grand succès et ma plus grande joie c’était ce sentiment d’avoir sauvé une vie d’un enfant qui a de l’avenir et qui dans les prochains jours peut contribuer au développement de la nation congolaise.

Je promeus également les œuvres culturelles des jeunes talentueux, musiciens qui n’ont pas les moyens de faire la production de leurs chansons.

Comment une personne peut transformer des vies

J’encadre des enfants issus de la rue, des enfants en rupture familiale qui ont quitté leurs familles pour vivre dans la rue. La société dans laquelle je vis, les considère comme des délinquants, enfants perdus.

J‘ai pris en charge une vingtaine d’entre eux, je leur ai donné un peu d’argent pour qu’ils exercent certains métiers manuels. 10 d’entre eux ont pris conscience et ont développé leurs entreprises. Actuellement ils ont regagné leurs maisons et ont cessé avec le vol et le kidnapping.

Pour moi, ce changement a pour but de transformer ces délinquants en citoyens utiles pour le pays.

Ce qui marche et ne marche pas dans la philanthropie au Congo

Dans mon pays les philanthropes sont critiqués et ne bénéficient pas facilement du soutien des autres ou soit du gouvernement, la société pense que les actions philanthropiques entreprises c’est pour un intérêt politique ou soit démontrer qu’on a assez d’argent, ce qui décourage les quelques personnes qui font volontairement ces actions.

Les besoins sont énormes et les moyens insuffisants. Je suis un humanitaire et travaille dans une structure de la place. Les actions philanthropiques que je pose sont prélevées sur mon maigre salaire. Il n’est donc pas aisé de s’occuper de plus des personnes dans le besoin pendant qu’on a également sa famille biologique à nourrir. A cause des besoins énormes qui nécessitent mon soutien, il m’arrive de fois d’oublier ceux de mes propres enfants, car des fois j’estime qu’eux sont mieux que les nécessiteux.

C’est le fait pour les bénéficiaires  d’être réceptifs face aux dons, et une large diffusion des actions que je fais pour pouvoir atteindre beaucoup plus des personnes.

Je suis devenu désormais une personne contact pour mener des actions philanthropiques dans ma ville, quand il y a des cas de vulnérabilité , les gens m’appellent pour me demander de l’aide. Bien que je ne puisse pas répondre à toutes les attentes cela me réjouit quand même de poser un geste.

La vision de Patrick pour un plus grand engagement philanthropique

  • Sensibiliser plus des personnes dans mon pays pour les amener à mener les actions philanthropiques;
  • Renforcer financièrement ces individus et structures qui œuvrent déjà dans la philanthropie au travers leurs propres fonds, celles qui aident sans contrepartie ;
  • Former les philanthropes de mon pays en vue de réaliser correctement leurs actions ;
  • Identifier tous les philanthropes du continent en vue de mener des actions ensemble pour espérer récolter des meilleurs résultats dans la lutte contre la vulnérabilité en Afrique.
 
 
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